La typographie dans vos créations || Chapitre 1 : Faisons connaissance |
Définitions | |
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Typographie : la typographie est lart dassembler des caractères mobiles afin de créer des mots et des phrases. Cette technique dimprimerie a été mise au point vers 1440 par Gutenberg qui na pas inventé limprimerie à caractères mobiles mais les caractères en plomb.
Plus généralement, et suite au développement des supports autres que le papier, tel quinternet ou la vidéo par exemple, la typographie désigne tout ce qui touche à lusage des caractères.
Aussi il est fréquent de trouver, en débutant la lecture dun livre que je qualifierais dexplicatif («
pour les nuls » par exemple), une page précisant les conventions typographiques utilisées dans louvrage. On parle ici des règles utilisées (ex : les textes en gras et en rouge signifient un point important).
Le mot typographie vient de typos (caractère gravé) et graphein (écrire).
On parle aussi très souvent dune « typographie » ou dune « typo » pour désigner une police de caractère (Font in english).
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Caractère (ou types) : en typographie, le caractère nest ni plus ni moins que la représentation graphique dune lettre, cest un dessin.
Bien que cette définition soit assez parlante, lusage du mot lettre me chagrine un peu car il est réducteur je trouve. En effet, le caractère peut représenter une lettre, mais aussi un chiffre ou bien encore un symbole ( € / . ? @
). Dautant plus aujourdhui avec le média informatique grâce auquel nous pouvons utiliser des typographies uniquement composés de symboles.
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Police de caractères : souvent lorsque lon veut désigner une police de caractères, on emploi les termes typographie, typo ou fonte. Et bien que le dernier puisse semblé juste, cela nest pas totalement vrai.
En fait une police de caractère est lensemble des déclinaisons dun même type de caractère. Alors quune fonte est la désignation correspondent à une police, dans un corps et pour un style donne (ex. : Garamond, Italic, 10 pt).
Cette confusion viens du fait quen anglais, le mot FONT désigne aussi une police de caractères.
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Capitales : le mot capitales désigne les « grandes lettres » dune police, nommées de la sorte car elles occupent le haut du tiroir (ou meuble) où sont rangés les caractères en plomb (la casse). La confusion avec le mot majuscule vient du fait que les capitales sont souvent utilisées pour lécriture des majuscules, mais le mot majuscule désigne en fait la lettre (le caractère) qui débute une phrase.
Bas-de-casse : les bas-de-casse sont les lettres minuscules dune fonte. Elles sont appelées ainsi car elles sont rangées dans le bas de la casse (le tiroir, ou meuble en bois où sont rangés les caractères en plomb utilisés en imprimerie).
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Anatomie du caractère | |
Un caractère est donc la représentation graphique dune lettre (principalement, noublions pas les chiffres et autres symboles), comme nous venons de le voir. Et à ce titre, il se compose de différentes parties qui portent des noms bien définis.
Nous ne les verrons pas toutes ici, mais les principales, histoire de vous en donner un aperçu.
La connaissance de ces termes nest pas impérative pour pouvoir manier la typographie, mais cela nous servira à comprendre certaines notions abordées dans les prochains chapitres. |
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Le corps : cest la taille globale du caractère, il se mesure du bas du jambage inferieur jusquau sommet du jambage supérieur. Il comprend lœil et la chasse du caractère, ainsi que les petits espaces vides au dessus et au dessous des caractères (les talus), permettant déviter un quelconque chevauchement avec ceux de la ligne en dessous. |
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Lœil : cest la partie du caractère qui sera imprimée sur le papier (faisant référence à la partie du caractère en plomb qui sera induite dencre et donc imprimée). En informatique, lœil se fond dans le corps du caractère et représente plutôt la hauteur du caractère, sans les jambages (voir illustration dexemple). |
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Hauteur de x : désigne la hauteur de référence des caractères bas-de-casse, il sert dunité de mesure en typographie. |
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Plein : cest la partie la plus épaisse dun caractère.
Délié : par opposition au plein, cest la partie la plus fine dun caractère.
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Ligne de pied : cest une ligne imaginaire sur laquelle salignent les caractères. |
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Le jambage : cest la partie dun caractère bas-de-casse qui est au dessus ou au dessous de la hauteur dx. Le jambage au dessus est appelé jambage supérieur (ou hampe supérieure ou ascendante). Le jambage au dessous est appelé jambage inférieur (ou hampe inférieure ou descendante). |
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Lempattement : aussi nommé serif en anglais, lempattement désigne les petites sections qui terminent en haut ou en bas, les caractères (voir illustration). |
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Ligature : terme désignant les caractères composés de plusieurs lettres tels œ, æ,
On distingue 2 types de ligatures : les ligatures esthétiques, qui nont dautre but de denrichir le document et den rendre la lecture plus aisée, et les ligatures linguistiques qui elles sont obligatoires.
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La chasse : la chasse dun caractère correspond à sa largeur, comprenant ses approches. Ainsi un « a » naura pas la même chasse quun « i » par exemple.
En typographie, les principales chasses sont le très étroit (extra-condensed), l'étroit (condensed), le normal (medium), le demi-gras (demi-bold), le large (expansed), et l'extra-large (extra-expansed).
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Lapproche : un caractère ne se compose pas seulement de son œil. Ainsi le corps dun caractère se compose de son œil plus deux petits espaces vides à gauche et à droite de lœil : lapproche du caractère. Bien évidement, lapproche dun caractère lui est propre et donc ne sera pas la même suivant le caractère. Cest une étape très fastidieuse de la création dune police de caractères, mais cest aussi ce qui rend une police agréable à lire. |
Les classifications | |
À quoi ça sert une classification ?
Avec la naissance de limprimerie et la prolifération des différentes polices de caractères, il devint essentiel dorganiser tout ça pour pouvoir sy repérer. De là est née lidée de classification, visant à classer les polices de caractères dans des familles. Permettant ainsi une meilleure gestion des polices.
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La classification Thibaudeau
Elle doit son nom à son créateur (Francis Thibaudeau) qui décide de classer les polices de caractères en fonction de leurs empattements.
Dans sa forme de base, la classification Thibaudeau se compose de 4 grandes familles : |
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ELZEVIR, à lempattement triangulaire. |
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DIDOT, à lempattement filiforme. |
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EGYPTIENNE, à lempattement quadrangulaire. |
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ANTIQUE, sans empattement. |
La classification Vox
Cest la classification la plus utilisée aujourdhui. Mise au point par le français Maximilien Vox, en 1954, elle est devenue la référence, de part le faite quelle prenne en compte les classifications historiques, mais aussi car elle a été traduite en anglais et en allemand, ce qui lui confère une dimension internationale.
Elle se compose de 9 familles qui plus tard ont été complétées par lATypI (lAssociation typographique internationale), qui lui a ajouté 2 familles supplémentaires (Fractures et Non-latines) : |
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Les HUMANES, qui représente les plus anciens caractères, caractérisés par peu de différences entre les pleins et les déliés, et un axe incliné vers larrière et des e à la traverse oblique (pour les bas-de-casse).. |
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Les GARALDES, dérivées des Humanes, les Garaldes ont des déliés de jonctions plus souples et des traits plus fins. La traverse du e devient horizontale. Cest la famille des Garamond (doù elle tient la moitié de son nom, lautre lui venant dun éditeur vénitien Alde Manuce). |
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Les RÉALES, famille de transition entre les Humanes et les Didones, elle est empreinte des deux, avec des empattements plus fins, un contraste un peu plus fort entre les pleins et les déliées,
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Les DIDONES, représentent laboutissement de la rationalisation des caractères entreprise plus tôt, avec des traits verticaux, un fort contraste entre les pleins et les déliés, et des empattements parfaitement horizontaux. |
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Les MÉCANES, aux empattements très forts et aux faibles contrastes pleins/déliés, sont des caractères très construits. |
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Les LINÉALES, que lon nomme par moment bâton sont les caractères sans empattements. |
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Les INCISES, nommées ainsi du fait de leur ressemblance avec les caractères gravés, ils sont proches des linéales, mais ont des empattements triangulaires assez discrets. |
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Les SCRIPTS, représentent tous les caractères écrits à la plume. |
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Les MANUAIRES, regroupent les caractères écrits à la main ou au pinceau. |
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Les FRACTURES, qui privilégient laspect à la lisibilité, regroupent les caractères dits gothiques. |
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Les NON-LATINES, enfin, rassemblent tous les caractères non-latins, tel que ceux des langues arabes, coréennes,
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Aujourdhui
De nos jours, grâce aux outils informatiques, certaines polices de caractère nont plus de police que le nom. Je fais référence ici aux polices dites « Dingbats », dans lesquelles chaque caractère affiche un symbole, une flèche, un logo
Ces polices, même si elles peuvent êtres rangées dans la famille des non-latines, à mon sens, ne correspondent pas vraiment à des polices de caractères, du fait que leurs caractères nen sont pas réellement. Pour autant elles gardent un grand intérêt de par leur potentiel graphique.
Internet regorge de polices de ce type qui rendent bien des services
Internet est également une mine dor où chacun pourra trouver une police libre de droits correspondant à ses besoins. Attention tout de même, car elles ne comportent pas toutes lensemble des caractères utiles. Par exemple, certaines ne comprennent pas de caractères accentués, ce qui peut être un problème dans certains cas
Un dernier point encore au sujet dinternet. Il est très facile de sy procurer tout un tas de polices. Prenez tout de même garde aux propriétés intellectuelles qui les régissent et renseignez vous sur les limites de leur utilisation. Bien sûr dans le cas dune utilisation à but non lucrative, vous risquez à priori peut de choses (je vous laisse vous renseigner à ce propos ce nest pas le sujet du cours), par contre pour une utilisation « commerciale », il arrive que des procès éclatent pour utilisation non-autorisée dune police de caractères. Et là ça peut faire très mal ! |
Conclusion | |
Voilà, ça fait pas mal de choses pour un premier chapitre donc on va sarrêter là pour le moment.
Bien sûr tout ce vocabulaire nest pas systématiquement employé de nos jours, (peut-être en imprimerie, mais pour être totalement honnête je nai encore rencontré personne qui mai demande de faire une composition avec une police de caractère Linéale (par exemple)). Par contre, des termes comme l'approche peuvent vous servir lors d'un échange avec un imprimeur.
Pour autant, avant de rentrer plus avant dans lutilisation de la typographie, il me semblait important de faire un point sur ce quest la typographie.
On voit immédiatement que cest un univers très riche, ce qui nous laisse présager que nous allons pourvoir puiser dedans sans relâche, et cest ce que nous commenceront à voir dans le prochain chapitre, en même temps que quelques règles décritures
Ressources ayant servie à la rédaction de ce cours :
http://caracteres.typographie.org/
http://perso.univ-lyon2.fr/~poitou/Typo/t01.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Typographie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caract%C3%A8re
http://police.planete-typographie.com/
http://alis.isoc.org/glossaire/
http://www.tutoweb.com/typo-plomb.htm
http://fr.wikibooks.org/wiki/R%C3%A9daction_technique/Glossaire_de_typographie
http://www.tutoweb.com/dico-typo.htm
http://www.epfl.ch/repro/conseils/typo-polices/
http://aleph2at.free.fr/index.html?http://aleph2at.free.fr/glossaire/caractere.htm
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